Le Magicien d’Oz
par L. Frank Baum
La couverture de l’édition 2011 de Librio
Titre original : The Wonderful Wizard of Oz
Année de parution : 1900 (1979 en France)
Le Magicien d’Oz, c’est l’histoire de Dorothée, petite orpheline habitant dans un Kansas tout gris (de l’herbe à la maison en passant par les yeux de tante Em) en compagnie de sa tante, de son oncle et de Toto, son chien, qui se retrouve prise dans un cyclone, et sa maison atterrit dans le quartier Est du pays d’Oz, précisément sur la Vilaine Sorcière de l’Est, donc il ne reste que les souliers pointus argentés. Sur les conseils de la Bonne Sorcière du Nord, elle chaussera les souliers et se mettra à la recherche de la route de brique jaune, au bout de laquelle se trouve la Cité d’Émeraude, capitale d’Oz et lieu de résidence du mythique magicien d’Oz, lui seul pouvant la renvoyer au Kansas.
Sur le chemin, elle fera plusieurs rencontre. D’abord, l’épouvantail, que Dorothée décrochera de son pic de bois, où il n’effrayait guère plus les corbeaux. Il accompagne la fillette et le chien voir le magicien d’Oz pour lui demander un cerveau, lui qui se sent si bête (au point qu’il ne pense pas à éviter les trous sur la route, et tombe…). La petite troupe s’agrandira par la suite d’un Bûcheron en Fer-Blanc, à qui il manque un cœur, et d’un Lion Poltron, désireux de recevoir du courage du Magicien. L’étrange troupe (une petite fille, un petit chien, un Épouvantail, un Bûcheron en Fer-Blanc et un Lion Poltron) se met en route sur la route de brique jaune, direction la Cité d’Émeraude, où tout est vert : les cheveux, la peau, les vêtements, les animaux et les œufs. Mais avant que le Bûcheron ait un cœur, l’Épouvantail un cerveau, le Lion Poltron du courage, et que Dorothée ne rentre chez elle au Kansas, il leur faudra parfois se débrouiller seuls, ou demander de l’aide, et affronter quelques dangers.
On rencontre, à part la principale troupe, des personnages comme les Papillotins bleus, les Papillotins jaunes, les Quadrelots, les singes ailés ou encore les Kalidates, monstrueuses bêtes à tête de tigre et corps d’ours.

La carte du pays d’Oz, par W.W. Denslow
J’ai bien aimé lire ce livre, qui est une histoire pour les enfants, partie intégrante de la culture anglo-saxonne, parce qu’il est court, et se lit très facilement. L’histoire est distrayante, et on ne s’ennuie pas : comme c’est court, pas le temps de lambiner, Dorothée et ses amis ont un long chemin à parcourir ! Bon, cela dit, l’histoire n’est vraiment pas complexe, du fait que ça soit pour les enfants. Ce n’est pas un reproche que je fais là à l’histoire, plutôt une constatation : pas le temps non plus de mêler quinze intrigues dans une histoire. Si je devais conseiller ce livre, ce serait à tout le monde ! Autant ceux qui aiment lire des pavés (qui ne seront donc pas dérangés par quelques 120 pages), que ceux qui ne lisent pas beaucoup, par manque de temps ou d’envie : Le Magicien d’Oz se lit vraiment très vite et très facilement. Du tout public donc, même les plus jeunes.
Morceau choisi :
« - Jadis, commença le chef, nous étions un peuple libre, et nous vivions heureux dans la grande forêt, volant d’arbre en arbre, mangeant des fruits et des noix, et ne faisant rien d’autre que ce que bon nous semblait, sans appeler quiconque du nom de maître. Peut-être certains d’entre nous étaient-ils parfois un peu trop malicieux. Pour s’amuser, il leur arrivait de faire du rase-motte s pour tirer la queue des animaux sans ailes, de pourchasser les oiseaux ou de lancer des noisettes sur les gens qui se promenaient dans la forêt. Mais nous vivions heureux et insouciants, en prenant du bon temps, et en profitant de chaque moment de la journée. C’était il y a des années, bien avant qu’Oz ne sorte des nuages pour régner sur ce pays.
A cette époque vivait loin au Nord une belle princesse, qui était également une puissante sorcière. Elle n’usait de sa magie que pour aider les gens, et personne n’entendit jamais dire qu’elle avait nui à quelqu’un de bon. Elle s’appelait Gayelette, et demeurait dans un magnifique palais fait de grosses pierres de rubis. Tout le monde l’adorait, mais sa plus grande peine venait de ce qu’elle ne trouvait personne à aimer en retour, car tous les hommes étaient bien trop laids et bêtes pour s’unis à quelqu’un d’aussi beau et d’aussi sage. Cependant, elle finit par trouver un garçon qui était beau, courageux et sage au-delà de son âge. Gayelette résolut que lorsqu’il serait devenu un homme, elle ferait de lui son mari ; elle l’emmena dans le palais de rubis et eut recours à tous ses pouvoirs pour le rendre aussi fort, aussi bon, aussi beau qu’une femme peut le souhaiter. Devenu un homme, Quelala – c’était son nom – fut considéré comme e meilleur et le plus sage de tout le pays, et sa beauté était telle que Gayelette l’aimait tendrement, et qu’elle était impatiente que tout fut prêt pour le mariage.
Mon grand-père était à l’poque le Roi des Singes Ailés, qui vivaient dans la forêt non loin du palais de Gayelette, et le vieux bonhomme adorait blaguer, encore plus que de faire un bon dîner. Un jour, peu avant les noces, alors qu’il était en train de voler avec sa bande, mon grand-père aperçut Quelala qui se promenait au bord de la rivière. Il portait un riche costume de soie rose et de velours pourpre, et mon grand-père voulut savoir de quel bois il était fait. Sur son ordre, les singes de sa bande volèrent jusqu’à Quelala, et s’emparèrent de lui, puis l’emportèrent dans les airs jusqu’au milieu de la rivière et le lâchèrent au-dessus de l’eau.
« - Nage, mon joli monsieur, cria mon grand-père. Nous verrons si l’eau abîme ton bel habit.
Quelala était bien trop sage pour ne pas nager, et toute sa bonne fortune n’avait pas gâté son caractère. Il rit, en remontant à la surface, et nagea jusqu’à la berge. Mais lorsque Gayelette accourut vers lui, elle vit que l’eau avait ruiné la soie et le velours de ses habits.
La princesse se mit en colère, elle savait, bien sûr, qui avait fait le coup. Elle fit amener devant elle tous les Singes Ailés, et ordonna qu’on leur liât les ailes, et qu’on les traitât comme ils avaient traité Quelala, en les jetant de la rivière. Mais mon grand-père la supplia, car il savait que les singes se noieraient dans la rivière s’ils avaient les ailes attachées, et Quelala se joignit à lui pour leur défense ; si bien que Gayelette consentit finalement à les épargner, à condition que désormais et pour toujours, les Singes Ailés obéissent trois fois aux ordres de celui qui possédait le Bonnet d’Or. Ce Bonnet d’Or était un cadeau de mariage destiné à Quelala, et l’on dit qu’il avait coûté à la princesse la moitié de son royaume. Bien sûr, mon grand-père et tous les autres singes acceptèrent aussitôt la condition, et c’est ainsi qu’il se fait que nous sommes trois fois les esclaves de celui qui possède le Bonnet d’Or, quel qu’il soit. »
Ma note : 4 olives

Et après ?
Le livre du Magicien d’Oz a connu de nombreuses adaptation, la plus célèbre et appréciée restant le film musical de Victor Fleming sorti en 1939, Le Magicien d’Oz, avec Judy Garland dans le rôle de Dorothée. C’est notamment de ce film qu’est extrait la phrase « We’re not in Kansas anymore! » (reprise par exemple dans Avatar de J. Cameron, dans la série 90210, ou encore dans la version originale de Matrix de A. et L. Wachowski) et la chanson « Somewhere over the rainbow ». La plus récente adaptation cinématographique est Le monde fantastique d’Oz, de Sam Raimi (voir le Stanley Rubrique ici), sorti en 2013.
Mais Baum ne s’est pas arrêté à ce seul livre : pas moins de 13 autres livres sont venus compléter le premier, formant la série principale. Baum a également écrit des livres additionnels.

Les cinq premières couvertures originales de la série du Monde d’Oz, par W.W. Denslow